L'appellation « Centre Culturel de Rencontre »

Des projets intellectuels et artistiques ambitieux dans un lieu prestigieux et chargé d'histoire.

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L'appellation « Centre Culturel de Rencontre »

Constitués en réseau et situés dans des endroits prestigieux à travers l'Europe (en Allemagne, Belgique, Espagne, France, Hongrie, Italie, Luxembourg, Pologne, Portugal, Slovaquie et Tchéquie), les Centres Culturels de Rencontre sont définis essentiellement comme des lieux de culture et d'échange. 

Ce sont des monuments historiques ayant perdu leur fonction originelle, restaurés pour servir de cadre à des projets intellectuels et artistiques ambitieux, respectant le passé du lieu et contribuant par leur activité à sa sauvegarde, en lui offrant une nouvelle existence tournée vers la réflexion et la création. La vocation de ces centres est d'assumer un service public, culturel et social en concevant et développant de nouveaux modes d'action et de création culturelle.

CCR Neumünster

Le Centre Culturel de Rencontre Abbaye de Neumünster est un établissement public. Son activité présente un caractère d'intérêt général. Il est doté de la personnalité juridique jouissant de l'autonomie financière et administrative, et se trouve placé sous la tutelle du ministre de la culture. Par ailleurs, bien que certains services offerts par le CCRN puissent avoir un caractère commercial (organisation de colloques, locations de salles, mise à disposition d'infrastructures de grande qualité esthétique et fonctionnelle), la volonté de faire du profit n'est pas le motif de la création de ce service public culturel. Ainsi, afin de garantir à la fois la qualité de la programmation, la plus large accessibilité à la culture et l’indépendance de l’institution, le CCRN dispose de quatre sources de financement : la plus importante est la subvention du Ministère de la Culture, conforme à la reconnaissance de la culture comme un droit citoyen et un service public assumé par la collectivité nationale ; la deuxième est le résultat des activités économiques du CCRN ; la troisième vient de la contribution des spectateurs et visiteurs de nos manifestations (billetterie, boutique). Enfin, les entreprises privées peuvent, par le biais du mécénat, du parrainage ou du sponsoring, soutenir l’action de l’Abbaye de Neumünster.

La restauration du lieu n’a pas ranimé une abbaye traditionnelle en tant que patrimoine religieux, elle a donné vie à un site dont chaque espace est par lui-même témoin d'une époque ou d'une histoire agitée. Les murs, l'architecture et l'environnement sont un livre dans lequel se déchiffre l'histoire du Grund, de la ville, voire du pays. L'Abbaye, très tôt déviée de sa fonction spirituelle première, a recouvré une certaine spiritualité, cette fois profane.

Comme d'autres Centres Culturels de Rencontre (le couvent de la Tourette, l'Abbaye Royale de Fontevraud), l'Abbaye de Neumünster a été utilisée, dans le passé, comme prison. Lieu de transit de nombreux déportés luxembourgeois durant l'occupation nazie, elle a, après la libération, gardé une fonction carcérale de droit commun jusqu'au milieu des années quatre-vingts. Afin que les voûtes, les salles, les déambulatoires, les cours et les espaces de circulation redeviennent des lieux propices à la réflexion, à la confrontation des idées et à la création, les travaux de restauration ont été menés dans le respect de l'esprit du bâtiment, de sa fonction première, culturelle et spirituelle. Rappelons par la même que les bénédictins de l'Abbaye de Neumünster se distinguaient par leur érudition et leur maîtrise de l'écriture, devenant les initiateurs de l'enseignement public à Luxembourg. En outre, dès le XVIIe siècle, ils dispensaient un enseignement trilingue. C'est dire combien la vocation multiculturelle de l'Abbaye est ancrée dans ses fondations mêmes. Ainsi la création de cette structure actuelle représente une certaine revanche sur son histoire mouvementée. Il est assez heureux que ce lieu, synonyme pendant de longues périodes d'enfermement et de rejet de l'Autre devienne aujourd'hui un centre européen multiculturel. Relevons par exemple la dimension symbolique dans l'accueil dans les murs de l'Abbaye de l'Institut Pierre Werner qui réunit allemands, français et luxembourgeois dans un même projet.

Les trois bâtiments constituant le Centre ont été baptisés de manière tout à fait signifiante. Ils s'inscrivent dans cette optique de respect d'un passé lourd de sens. Lucien Wercollier donne son nom au cloître de l'abbaye, Robert Bruch au bâtiment criminel et Robert Krieps à l'atelier devenu ensuite Tutesall.